Prendre soin de moi

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Pour une fois, pensez à vous !

Pour une fois, pensez à vous !

Prendre soin de moi 23.10.19

Comme le dit la chanson « Y’a pas d’mal à s’faire du bien. » Se ressourcer pour évacuer ces funestes compagnons de route que sont le stress, la fatigue et le doute, voilà la solution. Et dites-vous bien que penser à soi n’est pas une démarche égoïste mais un droit nécessaire.

Il faut déculpabiliser

« Nous nous satisfaisons trop souvent de compensations ou de justifications parce que nous n’avons pas le courage d’accomplir nos rêves. Nous conservons trop d’énergie à nous forger un alibi. » Cette phrase tirée de l’Art d’être égoïste (Josef Kirschner) synthétise bien notre relation au bonheur. On fait plaisir à son entourage au détriment de notre propre santé. Et bien que très en vogue, le droit au bonheur n’est pas si simple à atteindre. Christophe André* pointe même une forme de contradiction. Selon lui, si on redoute tant le bonheur, c’est parce qu’on a peur qu’il s’arrête. Certains allant jusqu’à faire de la célèbre citation de Victor Hugo - « la mélancolie c’est le bonheur d’être triste » - une ligne de conduite. Alors que penser à soi n’est pas un crime. Comme le souligne Murielle Van Boxem, présidente-fondatrice de la Ligue du Droit au bonheur, il faut déculpabiliser car « les patrons, c’est nous ! »

*Psychiatre et psychothérapeute, Christophe André est l’auteur de nombreux livres portant sur l’estime de soi dont Psychologie positive, le bonheur dans tous ses états ou encore Et n’oublie pas d’être heureux : abécédaire de psychologie positive. 

Le corps et l’esprit   

Il y a mille façons de se ressourcer. A l’ère du tout numérique, on a oublié les bienfaits de la cuisine, du jardinage et de la lecture. Ouvrir un bouquin stimule l’imaginaire. Grâce à lui, vous vous liez d’amitié avec des personnages truculents qui ne risquent pas, EUX, de décider pour vous. L’autre porte d’entrée est la pratique d’un sport. Individuel il stimule le dépassement de soi, collectif il favorise le partage. Et si la marche nordique a tant la cote, c’est que le fameux planter de bâton favorise le bavardage. Les adeptes de disciplines douces iront quant à eux vers le yoga, le Qi Gong ou l’art de la méditation. Non seulement cette dernière « rend l’esprit libre, clair et actif », comme le rappelle Matthieu Ricard**, mais elle « évacue l’auto-dévalorisation, le ressentiment et la haine des autres. »

**Docteur en génétique cellulaire, Matthieu Ricard est moine bouddhiste et interprète du dalaï-lama. 

Un peu de  « nexting »

Les premiers effets du « je-pense-à-moi » sont quasi-immédiats. On dort mieux, on est moins anxieux, moins seul aussi malgré les jours qui raccourcissent et la baisse des températures. Pour ne jamais rechuter, certains prônent aujourd’hui le « nexting. » Derrière cet anglicisme se cache la volonté d’anticiper les moments de bonheur. Une sortie culturelle avec son fiston, un repas entre amis, un voyage en amoureux… Si le nexting pousse à noter sur l’agenda ces moments de bonheur, il ne tombe pas dans l’angélisme. Il ne masque pas les aspects négatifs (problèmes familiaux, accidents, deuils…) mais considère que les objectifs positifs constituent un remède à la routine. Et sont en soi sources de… ressource.