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un couple et deux jeunes enfants assis devant un ordinateur

Enfance et Internet : passer ensemble le permis du numérique

29.10.19

Avec cinq écrans en moyenne par foyer, l’exposition aux écrans des enfants, volontaire ou involontaire, est désormais inéluctable. Comment gérer progressivement cette exposition ? La réponse dans le manifeste de l’association 3-6-9-12.

 

Président fondateur de l’association « 3-6-9-12 Apprivoiser les écrans et grandir », Serge Tisseron, psychiatre et membre de l’Académie des Technologies, délivre un message simple et clair. En dessous de 3 ans pas d’écran ! Des études ont démontré une modification cérébrale des jeunes enfants passant 6 à 7h devant un écran. Sans certitude pour l’instant que ce soit en bien ou en mal… A partir de 3 ans, le psychiatre préconise de sanctuariser les moments d’exposition aux écrans, toujours en présence d’un adulte.

Naviguer sur le Net, avec une boussole

Entre 6 et 9 ans, l’enfant découvre les règles du jeu social. D’une manière générale, l’idée est de favoriser les pratiques de tablette, télévision ou ordinateur en groupe, dans le salon par exemple. Si vous lui permettez un temps limité sur écran, lui parler, lui expliquer ce qu’il voit, sans oublier de paramétrer la console de jeux. Il ne navigue pas seul sur la toile.

De 9 à 12 ans, l’enfant se frotte à la complexité du monde, il entre au collège. Peut-être même a-t-il déjà un smartphone. C’est le moment de lui expliquer les trois principes d’internet :

  • tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public
  • tout ce que l’on y met y restera éternellement
  • il ne faut pas croire tout ce que l’on y trouve

Et de connaître ses droits et devoirs sur internet lors de ses contacts sur des plateformes sociales comme Youtube, Snapchat, Facebook ou Whatsapp... A vous de décider avec lui du temps qu’il passera sur les écrans, seul ou accompagné, et à lui apprendre à se protéger et protéger ses échanges (ne pas donner d’adresse ni de numéro de téléphone, paramètres de confidentialité …). Un compte sur les réseaux sociaux ? Encore trop tôt même si certains préconisent de prendre en compte la maturité de l’enfant plutôt que son âge. Là encore, tout est affaire de cadre et de limites posés par les parents. Mais il est essentiel de l’accompagner dans ses premiers pas en l’aidant à créer son profil, lui expliquant les risques et les enjeux et les conséquences de sa présence sur le net.

Informer et préserver

Après 12 ans et l’apprentissage progressif aux usages des écrans, les repères sont installés, l’adolescent peut s’en affranchir petit à petit. Mais les horaires toujours à respecter et la nuit, point de wifi. Des téléchargements, des plagiats ou fausses informations, comportement addictif aux jeux vidéos ou réseaux sociaux, de la pornographie et du harcèlement, il est informé et préservé.

L’impact psychique des réseaux sociaux virtuels est quant à lui bien réel à cette étape de « la construction identitaire de l’adolescent qui a besoin de se mettre en image au-devant de soi, de paraître et de se montrer. Les réseaux sociaux ont inauguré une ère d’une intimité partagée à la vue de tous, une intimité interactive, explique la psychologue clinicienne Angélique Gozlan. Mais qui n’aura pas les mêmes conséquences selon la fragilité ou la maturité narcissique de l’adolescent. A qui il est bon de rappeler au passage que le temps passé en ligne est du temps volé à sa vraie vie…