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une jeune fille assise par terre, adossée à un mur la tête penchée sur une main

Comment l’ado voit-il sa santé ?

06.04.20

Nos ados n’ont pas de soucis de santé. Enfin, c’est ce qu’ils déclarent à une écrasante majorité. En réalité, plus ils avancent en âge, plus leurs problèmes deviennent imperceptibles et peu avouables.   

« Ça va, je vais bien »

Nos ados vont bien. L’enquête internationale HBSC* révèle que 82 % des collégiens français se disent en bonne santé, avec un léger avantage aux garçons (86 % contre 78 % pour les filles). Ils vont même mieux qu’avant. Les inégalités sociales persistent certes mais dans l’ensemble, ils font du sport, prennent un petit-déjeuner (seuls 4,3 % vont au collège le ventre vide), mangent quotidiennement des fruits et légumes et se brossent les dents deux fois par jour. C’est pour cette raison qu’ils vont rarement chez le médecin… C’est aussi pour ça qu’à la sortie du collège un check-up 100 % remboursé par la Sécurité sociale est vivement conseillé. Ce sera peut-être l’occasion d’aborder pour la première fois - et seul(e) ! - des questions intimes liées à la puberté (menstruations, acné, solitude, manque de sommeil, conduites à risque, sexualité…) et de se rendre compte que tout ne va pas si bien que ça. 

*Health Behaviour in Schoolaged Children

La santé mentale invisible

Le surpoids est le premier indicateur de mal-être car il « stocke » tous les excès. En France, cela affecterait 18 % des adolescents (5 % seraient obèses). Plus on avance en âge, plus on se rue vers le sucre (boissons énergisantes en tête), plus on fuit les légumes verts, moins on pratique un sport et plus on passe de temps devant les écrans (jusqu’à 5 heures/jour). Mais la santé des adolescents ne se résume pas à leur reflet dans le miroir ou à un mal de dos dû à une croissance rapide. La puberté coïncide avec d’autres maux moins perceptibles. Manque de confiance en soi, troubles du sommeil, souffrance psychique, déprime. Même le stress, d’ordinaire attribué au monde du travail, les affecte. 20 % des garçons et 36 % ces filles en classe de 3e se disent anxieux face à la réussite scolaire. La santé mentale des adolescents est souvent mésestimée. 

Contradictions et mésinformations

A quoi ça sert de se faire vacciner ? C’est quoi le diabète ? Les ados sont des machines à se poser des questions. Ils ont souvent la bonne réponse mais n’agissent pas en conséquence. Par exemple, 94 % d’entre eux savent que le tabac est cancérigène, mais un tiers continue à fumer tous les jours. Dans de moindres  proportions, ce constat se duplique quand on évoque avec eux la consommation d’alcool ou de drogues. Ils connaissent les risques mais « un petit joint de temps en temps n’a jamais fait de mal à personne » reste un discours répandu. Enfin, il y a le cas des maladies sexuellement transmissibles. Selon une étude IFOP**, 17 % des ados pensent encore que la pilule immunise contre le VIH, 20 % que le SIDA se transmet en embrassant une personne, en s’asseyant sur un siège de toilettes publiques (15 %) ou en serrant la main (6 %). Mais il y a pire : 22 % des interrogés sont certains qu’il existe un traitement pour guérir du SIDA. La prévention reste plus que jamais au cœur de la santé des ados.        

**Menée à l’occasion du Sidaction 2016