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deux jeunes filles sont proches l'une de l'autre, l'une parle à l'oreille de l'autre

Ados : à qui se confier ?

06.04.20

L’adolescence, âge des « premiers ». Premier verre, première « taffe », premiers excès, première fois. Plus enfant mais pas encore adulte, l’ado se confie peu. Pourtant, parler fait souvent du bien. Reste à savoir à qui parler, de quoi parler et à quelle dose.

Les copains d’abord

Il a des poussées d’acné, n’est pas franchement à l’aise quand on aborde les questions de sexualité et avance toujours masqué sur les réseaux sociaux pour plastronner sur son dernier interdit. Moralité, l’adolescent hyper-connecté est… seul. Entre 13 et 17 ans, quand tout change autour de lui et en lui, son meilleur allié reste au final son semblable. Son alter ego qui, comme lui, n’ose pas aborder les sujets qui fâchent. Cet après-midi où il a pris sa première cigarette, ce jour où il « l’a enfin fait » sans se protéger. Le bon camarade, lui, saura l’écouter. Plus elle se mutualise, plus la santé des ados se renforce. C’est une évidence comme deux et deux font quatre. Les copains sont les meilleurs confidents, les meilleurs antidépresseurs car ils ne portent pas de jugement.     

Les parents ensuite

Votre ado ne vous adresse plus la parole, erre comme un zombie dans l’appartement le nez collé au smartphone ? et c’est vous qui devriez renouer le contact avec ce crustacé ? et bien… oui ! car, pour reprendre l’expression de Françoise Dolto, votre ado subit de plein fouet le « complexe du homard*». Il est sans carapace, obligé de s’en fabriquer une et en attendant, reste confronté à tous les dangers. Pour lui, les points d’interrogation se multiplient, la tentation de l’interdit est omniprésente. C’est donc à vous de lui apporter des réponses concrètes en gardant une juste distance, sans imposer vos certitudes. Même s’il s’agit de thèmes délicats comme l’alcool ou la drogue. Comme l’assurent Adèle Faber et Elaine Mazlish**, mieux vaut passer des contrats que de menacer. Pour ces deux éducatrices américaines, l’épineuse question des rapports parents/enfants repose sur le dialogue.  

*Paroles pour adolescents ou le complexe du homard, Françoise Dolto

**Auteures de Parler pour que les ados écoutent, écouter pour que les ados parlent (éditions du Phare)

Le médecin scolaire est là

Mais que se passe-t-il en dehors des quatre murs de la maison ? Qu’il s’agisse de sécurité routière, de cyber-harcèlement ou de menaces physiques dans l’enceinte de l’établissement, les circonstances échappent souvent aux parents. Le rôle du médecin ou de l’infirmière scolaires est alors primordial. L’écoute fait partie de ses prérogatives, au même titre que le dépistage, le bilan de santé et le suivi psychologique. L’adolescent peut aborder avec ces professionnels de santé des questions intimes (crise hormonale, orientation sexuelle, pilule du lendemain) ou sensibles (tensions intra-familiales, problèmes psychologiques, divorce des parents) susceptibles d’altérer non seulement sa santé mais aussi d’avoir de graves incidences sur ses résultats.