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sur un terrain de sport, un homme en fauteuil roulant vise un panier de basket avant de lancer le ballon

L’handisport, terrain du mieux-être

23.10.19

Basket, badminton, équitation, cyclisme, karaté… La plupart des sports pour valides est accessible aux personnes handicapées. Au-delà des bienfaits physiques, la pratique du handisport rompt l’isolement. Et qui dit dépassement de soi dit confiance en soi.

Améliorer son quotidien

Oui, on peut dévaler les pistes quand on est doublement amputé fémoral, smasher comme Roger Federer assis sur un fauteuil roulant, mettre ippon son adversaire de tatami quand on est malvoyant. Aujourd’hui, le handisport s’invite sur tous les terrains. Et, par effet de rebond « aussi bien sur le terrain qu’en dehors », comme le souligne l’Américain Jess Markt*, figure emblématique du basket-ball en fauteuil. La pratique régulière d’un handisport a des répercussions bénéfiques dans la vie de tous les jours : la sarbacane améliore le souffle, le canoë-kayak renforce la masse musculaire, le tennis de table affine la dextérité et la coordination des mouvements.

*Paralysé à l’âge de 19 ans suite à un accident, Jess Markt parcourt le monde et entraîne aujourd’hui des équipes d’handibasket en Afghanistan, en Inde ou encore au Cambodge. 

Sports spécifiques et reconnus

Au rugby-fauteuil, il faut franchir la ligne adverse comme au rugby classique. Au handball sourds, le vainqueur sera toujours celui qui marquera le plus de buts. Et même doté de pare-chocs, même si la vitesse est bridée à 10 km/h, même s’il se pratique à 4 et non pas à 11, le foot-fauteuil électrique ressemble en tous points au football de Ligue 1. Cependant, sur la trentaine de sports référencés par la Fédération Française Handisport, on trouve quelques disciplines spécifiques. Comme la boccia. Un dérivé de la pétanque accessible aux paralysés cérébraux sévères. Il y a aussi le goalball. Un sport collectif d’opposition pour malvoyants ou non-voyants. L’objectif étant de marquer un but avec la main en frappant dans un ballon lourd (1kg 250) percé de huit trous afin d’entendre des clochettes tintinnabuler à l’intérieur ! Astucieux.    

Reconnaissance et mieux être

La pratique d’un handisport a aussi et surtout des vertus sociales. Grâce à lui, le sportif intègre un groupe, partage des moments forts, se lance des défis, surmonte ses peurs et a accès à des championnats nationaux comme dans n’importe quelle discipline pour valides. Et même si les chiffres officiels sont encore timorés (on compte actuellement 66 000 pratiquants dont 35 000 licenciés), certains sportifs multi-médaillés aux derniers Jeux Paralympiques de PyeongChang (Corée du Sud, 2018) à l’instar de Marie Bochet (née sans avant-bras gauche) ou d’Arthur Bauchet (atteint de paraparésie spastique**) ne cessent d’encourager les non-valides à s’inscrire dans une discipline. Ne serait-ce que pour dépasser leurs limites. Et pourquoi pas atteindre les sommets comme l’a prouvé l’équipe de France de Foot-Fauteuil en battant en finale les Etats-Unis.    

**Maladie rare qui atteint le système nerveux central et entraîne une raideur des membres inférieurs.