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une jeune femme handicapée physique sort de sa voiture, elle va s'installer dans son fauteuil

Le handicap n’est plus un frein à la conduite

03.04.20

Ergonomes et professionnels de l’automobile redoublent d’ingéniosité pour permettre aux personnes à mobilité réduite de conduire comme tout le monde. Si la boîte automatique s’impose pour tous les modèles (neufs ou aménagés), les options s’adaptent à tous les handicaps. 

Du bout des doigts

Dans le jargon automobile, on appelle ça un K-5. Placé sous - parfois sur - le volant, ce cercle permet aux personnes ayant perdu l’usage de leurs jambes d’accélérer par simple traction ou pression des doigts. Le K-5 est généralement associé à un système de freinage manuel. Un levier, une manette, une gâchette ou une poignée rotative. Il existe aussi une commande unique qui combine les deux usages. Si cette fois le handicap atteint un bras, divers procédés permettent de tourner le volant avec le bras valide. Les commandes de frein et d’accélérateur s’effectuent de manière standard. Dans tous les cas, les fonctions secondaires (avertisseur sonore, allumage des phares, essuie-glaces, ouverture du coffre, du capot…) sont mises à bonne distance. Parfois au niveau du repose-tête. Quant au drive-by-wire (commandes vocales), il commence à investir l’habitacle. 

Embarquement immédiat

L’aménagement du véhicule, les petites astuces (boules pour faire tourner le volant d’une seule main, accoudoir multifonction, inversion de pédale, frein de parking électronique…) ne doivent pas masquer l’autre priorité : l’accès au poste de conduite. Deux cas se présentent : soit on quitte son fauteuil roulant, soit on souhaite le conserver. Dans le premier cas, on peut utiliser un marche-pied rétractable, une plate-forme de transfert ou ce qu’on appelle un releveur (ou verticalisateur). Si le conducteur souhaite conserver son propre fauteuil roulant, il devra commencer par modifier son véhicule en le dotant d’un système d’abaissement des suspensions arrière, d’une rampe d’accès, d’un treuil ou d’un hayon élévateur. Une fois encore, ces choix dépendent du degré de handicap.   

Aides financières

La loi pour l’égalité des chances du 11 février 2005 prévoit des aides pour financer l’aménagement d’un véhicule.

● la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) : la demande s’effectue auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Pour être éligible, le requérant doit remplir au moins trois critères : résider en France, avoir moins de 60 ans (ou moins de 75 ans s’il pouvait bénéficier de la PCH avant ses 60 ans), avoir un handicap définitif ou de moins d’un an empêchant de mener des activités quotidiennes de base. Son montant peut atteindre les 5 000 €. Il est renouvelable tous les 5 ans.

● le Fonds départemental de compensation : là aussi, le dossier se retire auprès de la MDPH. Son montant ne doit pas excéder 10 % des ressources personnelles nettes d’impôts du demandeur.

● les autres recours : des aides peuvent aussi être allouées par l’AGEFIPH et le FIPHFP mais aussi par votre mutuelle, votre Comité d’entreprise ou encore la Fondation de France.