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dans une salle de réunion, des femmes et des hommes applaudissent deux hommes qui se serrent la main

Le présentéisme nuit à la santé

20.01.20

On connaît bien l’absentéisme au travail. Mais savez-vous que l’inverse existe aussi ? On parle alors de présentéisme. Soit le fait d’être à son poste alors qu’on devrait être au chaud chez soi. Attention, l’excès de zèle nuit à la santé. 

Plusieurs présentéismes  

Dans son ouvrage intitulé Le surprésentéisme, travailler malgré la maladie, Denis Monneuse distingue trois types de présentéisme. Le contemplatif : le salarié démotivé brasse de l’air. Le compétitif : cette fois le salarié arrive tôt et part tard, généralement pour se faire bien voir. Et enfin le surprésentéisme. Dans ce dernier cas - le plus fréquent - le salarié est malade mais va travailler quand-même. Comme le rappelle l’auteur, le surprésentéisme « touche aussi bien un salarié en bas de l’échelle qui a peur de ne pas être prolongé dans sa mission qu’un PDG qui va considérer son absence comme un signe de faiblesse envoyé à ses concurrents. »

Un mal en cache un autre 

L’étude sur les conditions de travail menée par la Dares (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques) en 2016 confirme l’idée d’un phénomène global. Le présentéisme concerne en effet aussi bien les ouvriers, les salariés que les cadres supérieurs. Et si la fonction publique (personnel hospitalier, corps enseignant, forces de l’ordre) demeure davantage touchée, beaucoup d’observateurs en parlent déjà comme le « mal du siècle. » Il faut bien admettre que les statistiques enfoncent le clou. Notamment celle qui dit qu’en 2019, 28 % des arrêts maladie prescrits n’ont pas été respectés. Soit 9 points de plus qu’en 2016. Le présentéisme est donc entré dans les mœurs. Mais attention, un mal peut en cacher un autre. Un excès de présence peut avoir de graves conséquences. Le salarié se fatigue, est moins efficace, tombe en dépression, voire est victime d’un burn out. Et finalement, se retrouve absent bien plus longtemps.         

Des enjeux RSE (Responsabilité Sociétale de l'Entreprise)

Dans notre pays, le surprésentéisme touche plus d’un salarié sur deux, soit en moyenne 10 jours par salarié par an.  Cette réalité produit de facto d’autres effets connexes. Quelqu’un d’omniprésent peut être à l’origine d’un climat toxique au sein de l’entreprise. Son zèle peut en effet être interprété comme du copinage, de la concurrence déplacée, une manière de dire à ses voisins d’open space qu’ils ne sont pas à la hauteur alors que tout le monde travaille dans le même sens. Pour éviter que les relations intra-entreprise ne s’enveniment, il faut donc créer des outils pour déceler les signes avant-coureurs de présentéisme et éviter que la contagion ne s’étende. Il en va de la fameuse RSE. A charge donc aux managers d’être à l’écoute et de mettre sur pied des plans de prévention spécifiques.