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sport et cancer

Activité physique et cancer

Par
professeur en activités physiques pour la santé
10.02.20

Les cancers les plus fréquents chez l’homme et la femme sont respectivement le cancer de la prostate et le cancer du sein. Ils représentent à eux seuls plus de 108 000 nouveaux cas estimés en France en 2018. Ils sont suivis en termes de fréquence par le cancer du poumon et du côlon chez l’homme et dans l’ordre inverse chez la femme (plus de 90 000 nouveaux cas en 2018 en France).

Cependant 4 cancers sur 10 résultent de l’exposition à des facteurs de risque liés à nos modes de vie et comportements, et pourraient donc être évités. L’enjeu est de taille : cela représente environ 140 000 cancers évitables sur un total moyen de 355 000 diagnostiqués chaque année en France.

Premier facteur de risque, le tabac serait à lui seul à l’origine d’environ 20% des cancers. Suivi par l’alcool avec 8%, l’alimentation déséquilibrée avec 5,4% et le surpoids avec également 5,4%.

En effet, nos modes de vie nous poussent à nous sédentariser et à consommer ou sur-consommer des produits douteux pour notre santé. Cela entraîne le plus généralement, surpoids ou obésité et manque d’activité.

La sédentarité correspond au fait de n’avoir aucune dépense métabolique (position assise ou allongée) de manière prolongée. Et quand bien même nous serions pratiquant d’activité physique, notre travail ou nos habitudes de vie (télévision, canapé) peuvent néanmoins nous rendre sédentaire. Il est donc important que l’ensemble de la population (actifs comme inactifs) prenne conscience qu’il est primordial de bouger, et ce toutes les 20 minutes en moyenne. Les cellules du corps ont besoin d’être activées en permanence, favorisant ainsi également la circulation sanguine.

Bien évidemment il est fortement recommandé d’avoir une ou plusieurs pratique(s) physique au cours de la semaine (activités de loisirs, sports, activités domestiques). Car en plus d’activer nos cellules, les muscles ont besoins de renforcement (renforcement musculaire), les ligaments ont besoins de souplesse (stretching, étirements) et les os de contraintes (activités sur sol dur) et tout cela régulièrement (2 à 3 fois par semaine).

Il apparaît qu’avoir un comportement sédentaire augmenterait le risque de développer un cancer de 24% pour le côlon, de 32% pour l’endomètre et de 21% pour le poumon.

Préventions :

Afin de prévenir au mieux les risques de développer une telle maladie, il paraît indispensable de procéder à l’arrêt du tabac, d’avoir une consommation d’alcool modérée, d’adopter un équilibre alimentaire sain et de bouger régulièrement.

De plus en plus d’études scientifiques démontrent les effets préventifs et protecteurs de l’activité physique vis-à-vis de ce fléau. L’exercice physique est souhaitable peu importe le stade, il prévient le risque de développement d’un cancer, agit sur la diminution de la fatigue et d’autres effets secondaires dû au traitement, et permet de retarder voire d’éviter la récidive post-cancer.

L’augmentation du niveau d’activité physique est associée à une diminution du risque de développement d’un cancer. Une heure par jour d’activité intense (marche rapide, course fractionnée, bricolage ou jardinage intense, zumba...) ou deux heures d’activité modérée (marche, course, vélo, bricolage, jardinage, natation, jouer avec les enfants...), cinq fois par semaine sont nécessaire pour observer une réduction du risque.

Une pratique régulière d’activité modérée à intense peut entraîner une diminution moyenne du risque de 30 à 40%. Par ailleurs, dans un rapport récent, il a été observé que l’activité physique avait un effet protecteur sur le cancer du sein chez les femmes ménopausées.

Pendant le traitement du cancer, l’activité physique améliore les capacités fonctionnelles, la qualité de vie et la qualité du sommeil. De plus, elle permet d’améliorer les aptitudes cardio-respiratoires pendant et après le traitement, ainsi que les symptômes, les effets physiologiques et la condition physique. Et ce n’est pas tout, le fait de pratiquer pendant le traitement réduira considérablement la fatigue, l’anxiété, la dépression et améliorera l’image de soi.

Pour finir, les anciens patients qui ont pratiqué une activité physique d’intensité modérée ou élevée pendant le traitement ont de meilleurs résultats post-traitement au niveau fonctionnel, physique, émotionnel et du bien-être. Cela permet également de prévenir et de protéger en partie contre la récidive.

Afin de protéger nos futures générations de ce fléau, il est important de les éduquer à la pratique d’une ou plusieurs activités physiques, à un équilibre alimentaire sain ainsi qu’aux dangers du tabac et de l’alcool. Bien évidemment les enfants apprennent par mimétisme et reproduisent généralement les schémas des parents. En tant que parents, éducateurs, adultes, nous sommes garants de leur bien-être et de leur santé.