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Absentéisme/présentéisme au travail

Absentéisme / présentéisme au travail : quel équilibre ?

14.01.20

Absentéisme ou présentéisme au travail ? Trop absent ou trop présent ? Des deux maux, il faut choisir le moindre. En réalité, ces deux notions que tout semble séparer ont de nombreux points communs. A commencer par coûter cher.

Des chiffres en hausse

Selon le 11ème baromètre de l’Absentéisme de l’Engagement Ayming paru en septembre 2019, le taux d’absentéisme au travail en France atteindrait 5,10 %, soit 18,6 jours d’absence en moyenne par an et par salarié. Une autre enquête, menée cette fois par l’institut Sapiens, révèle que son coût caché approcherait les 108 milliards d’euros chaque année*. Soit l’équivalent du budget de l’Education nationale comme le souligne le Think tank libéral à l’initiative de l’enquête. Quant au présentéisme, c’est-à-dire le fait de venir travailler alors qu’on est malade, selon la Dares (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques), son taux avoisinerait les 2,5 jours par an et par salarié. En France, près d’un salarié sur deux déclare avoir travaillé contre l’avis de son médecin. Au total, le manque à gagner du présentéisme - soit la non-productivité des salariés fantômes assumée par l’employeur - se situerait entre 15 et 25 milliards d’euros par an pour les entreprises.    

*Cela correspond aux salaires versés aux salariés absents, au temps passé par les équipes pour suppléer les absences et aux achats externes non prévus. Le coût étant de 4,059 euros par salarié multiplié par 26,6 millions de salariés.

Un présent peut cacher un absent

A la différence de l’absentéisme, le présentéisme est un mal insidieux difficile à cerner car il ne fait pas l’objet de déclaration officielle. Et pour cause, le salarié malade qui enchaîne les heures supplémentaires le fait souvent pour des raisons inavouables. Par crainte (de perdre son poste), par odieuse stratégie (pour plaire au manager) ou pour des motifs personnels gênants (je suis mieux au bureau qu’à la maison). Mais à trop tirer sur la corde, le corps et la tête lâchent. Le salarié tombe alors vraiment malade. Le surprésentéiste chevronné passe dans la catégorie de l’absentéiste « inévitable »**. Le point de convergence entre absentéisme et présentéisme est donc le surmenage. Lequel se manifeste principalement par un stress chronique et des douleurs musculaires.        

**L’absentéisme inévitable concerne les arrêts maladies, les accidents du travail et les congés maternité.

Un travail de meilleure qualité

Comment lutter contre ces deux fléaux ? Comment trouver le bon équilibre ? Il faudrait commencer par ne pas confondre présentéisme et professionnalisme. Assiduité n’est pas mère de compétence. Inversement, partir avant l’heure ne fait pas de vous un tire-au-flanc. Il faut donc revoir son rapport au travail. Améliorer l’ergonomie des postes, réguler les charges de travail, respecter le droit à la déconnexion et surtout former les managers de proximité aux questions QVT (Qualité de Vie au Travail). Comme le rappelle l’Agence européenne pour la santé au travail, un euro investi dans la prévention, c’est treize euros de bénéfice. Enfin, il y a cette nouvelle question : faut-il reprendre le travail chez soi alors qu’on est encore en convalescence ? Le télétravail fait débat. L’objectif affiché est de limiter le nombre d’arrêts mais surtout leur durée. 44 % du total des arrêts maladie dépasse les 6 mois. Dernier argument : le télétravail permet au salarié de reprendre contact avec l’entreprise en évitant la fatigue des trajets.